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Antiquité |
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Quand la broderie sert la ruse...
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L'Odyssée - Homère, éd. Folio, Chant II, (p.72) discours d'Antinoos,
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" Ils pressent cet hymen. Moi, j'entasse les ruses. Un dieu m'avait d'abord inspiré ce moyen. Dressant mon grand métier, je tissais au manoir un immense linon et leur disais parfois :
" Mes jeunes prétendants, je sais bien qu'il n'est plus, cet Ulysse divin ! mais malgré vos désirs de hâter cet hymen, permettez que j'achève : tout ce fil resterait inutile et perdu. C'est pour ensevelir notre seigneur Laërte : quand la Parque de mort viendra tout de son long le coucher au trépas, quel serait contre moi le cri des Achéennes, si cet homme opulent gisait là sans suaire ! "
Je disais, et ces gens, à mon gré, faisaient taire la fougue de leurs cœurs. Sur cette immense toile , je tissais tout le jour ; mais la nuit je venais, aux torches, la défaire. Trois années, mon secret dupa les Achéens. Quand vint la quatrième, à ce printemps dernier, ils furent avertis par mes femmes, ces chiennes, qui ne respectent rien. Ils vinrent me surprendre : Quels cris ! et quels reproches ! Il fallut en finir : oh ! Je ne voulais pas ! Mais on sut m'y forcer. Maintenant je ne sais comment fuir cet hymen."
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